Première visite de Marco Rubio à l’étranger
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a menacé dimanche le Panama de « mesures » en l’absence de « changements immédiats » concernant le canal de Panama, un carrefour maritime stratégique pour le commerce mondial. Lors de sa première visite à l’étranger en tant que chef de la diplomatie américaine, Rubio a transmis au président panaméen, José Raul Mulino, la position ferme du président américain Donald Trump sur ce qu’il considère comme une « violation du traité » régissant le canal.
Influence chinoise et violation du traité
Lors de son entretien avec Mulino, Marco Rubio a dénoncé « l’influence et le contrôle du Parti communiste chinois » sur la zone du canal, qu’il juge comme une menace et une violation du traité garantissant la neutralité permanente et le fonctionnement du canal. « Le statu quo est inacceptable », a déclaré la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, ajoutant que les États-Unis prendraient des mesures pour protéger leurs droits si nécessaire.
Réaction du Panama et rupture avec la Chine
À l’issue de cette rencontre, le président panaméen a annoncé que son pays ne renouvellerait pas le mémorandum d’accord lié au projet chinois des « Nouvelles routes de la soie ». « Nous allons le reprendre », a affirmé Donald Trump, qui, dès son investiture le 20 janvier 2025, avait exprimé son intention de contrer l’influence chinoise sur le canal.
Donald Trump et le contrôle du canal
« La Chine fait tourner le canal de Panama », a insisté Trump auprès de journalistes à Washington, ajoutant : « Il n’a pas été donné à la Chine, il a été donné bêtement au Panama. Mais ils ont violé l’accord et nous allons le reprendre, ou quelque chose de très fort va se produire. » Il a toutefois écarté l’idée d’envoyer des troupes américaines, jugeant cela « non nécessaire » pour l’instant.
Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999, en vertu des traités Carter-Torrijos signés en 1977. Washington craint que l’influence croissante de la Chine ne permette à Pékin de bloquer cette voie stratégique en cas de conflit.
« Pas de menace réelle », selon le président du Panama
José Raul Mulino a proposé des discussions techniques avec les États-Unis pour clarifier les préoccupations de Trump. « Je crois que nous avons mené cette conversation de très bonne foi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, affirmant qu’aucune menace réelle ne pesait sur le traité ni sur l’utilisation de la force militaire.
Manifestations et tournée régionale de Rubio
Des manifestations ont éclaté avant l’arrivée de Rubio, marquées par l’usage de gaz lacrymogène par la police. Le secrétaire d’État poursuivra sa tournée en Amérique centrale et dans les Caraïbes (Salvador, Costa Rica, Guatemala, République dominicaine) pour promouvoir la politique migratoire de Trump, axée sur les expulsions. Mulino a proposé que le Panama serve de pont pour expulser les migrants irréguliers vers d’autres pays d’Amérique latine.