Fiscalité bancaire au Panama : le guide complet pour les francophones
La Fiscalité au Panama - Votre Guide 2026
Le Panama Ce n’est pas un effet de mode c’est un mouvement de fond. Première destination mondiale d’expatriation selon l’enquête Expat Insider, le pays affiche un cadre fiscal que la majorité des juridictions occidentales ne peuvent tout simplement pas concurrencer : zéro impôt sur les revenus étrangers, zéro impôt sur les intérêts bancaires, zéro impôt sur les successions.
Mais ces chiffres, vous les connaissez déjà. Vous les avez lus sur dix sites différents. Ce que vous cherchez maintenant, c’est autre chose. Vous voulez comprendre comment ce cadre fiscal s’articule concrètement avec l’ouverture d’un compte bancaire, la résidence, et surtout ce que personne ne vous explique clairement vos obligations déclaratives en France, en Belgique, en Suisse ou au Canada.
Ce guide fait le pont entre la théorie et le terrain pour comprendre la fiscalité au Panama . Il suit le parcours réel de l’expatrié francophone : comprendre le cadre avant de partir, préparer la transition, puis s’installer concrètement. Avec le recul de 25 ans d’accompagnement en Amérique centrale pas depuis un bureau parisien, depuis le terrain.
| En bref :
• Le Panama applique une imposition territoriale : seuls les revenus générés localement sont taxés • Les intérêts bancaires perçus au Panama sont exonérés d’impôt • Un résident fiscal français, belge, suisse ou canadien conserve des obligations déclaratives dans son pays d’origine. • L’ouverture d’un compte bancaire reste le point de friction principal pour les nouveaux arrivants — et celui où un accompagnement terrain fait la différence |
Comment fonctionne le système fiscal au Panama ?
C’est le premier réflexe de tout candidat à l’expatriation : comprendre les règles du jeu fiscal. Au Panama, ces règles sont plus lisibles qu’ailleurs à condition de ne pas confondre simplicité apparente et absence d’obligations.
Qu’est-ce que le principe de territorialité fiscale ?
Le Panama ne taxe que les revenus dont la source se situe sur son territoire. Si vous facturez des clients en Europe depuis une structure panaméenne, ces revenus ne sont pas imposables localement — à condition que l’activité ne soit pas exercée sur place. C’est inscrit dans le Code fiscal panaméen (Código Fiscal de la República de Panamá), et c’est ce qui distingue fondamentalement le pays de la France, de la Belgique ou du Canada, qui impose sur le revenu mondial.
Pour mettre ce chiffre en perspective : en France, le taux marginal d’imposition atteint 45 %. En Belgique, 50 %. Au Panama, un expatrié dont les revenus proviennent d’Europe peut voir sa charge fiscale locale tomber à zéro — selon sa structure et la nature de son activité.
Attention cependant : territorialité ne signifie pas «zéro obligation». Depuis 2021, les sociétés panaméennes doivent tenir une comptabilité et désigner un agent de conservation des documents, même sans activité locale.
Quels revenus sont réellement exonérés d’impôt ?
Les revenus de source étrangère ne subissent aucune imposition panaméenne. Cela concerne les salaires perçus hors du territoire, les dividendes de sociétés étrangères, les pensions de retraite versées depuis la France ou la Belgique, les commissions internationales, les revenus locatifs hors Panama.
Le traité de non-double imposition signé avec la France en 2011 sécurise ce cadre pour les ressortissants français. Et ce n’est pas qu’un avantage pour les retraités : les chefs d’entreprise et les professions libérales y trouvent un levier d’optimisation que peu de juridictions en Amérique latine peuvent offrir avec la même stabilité.
Point central pour ce guide : les intérêts bancaires perçus au Panama — qu’ils soient générés localement ou à l’étranger — sont également exonérés d’impôt. Aucun prélèvement à la source, aucune déclaration locale sur ces revenus. C’est l’un des attraits les moins connus et les plus concrets du système panaméen.
Quel est le barème d’imposition pour les résidents — les chiffres réels
Pour les revenus de source panaméenne uniquement, voici le barème progressif en vigueur :
| Tranche de revenu annuel | Taux d’imposition |
| Jusqu’à 11 000 USD | 0 % |
| De 11 000 à 50 000 USD | 15 % |
| Au-delà de 50 000 USD | 25 % |
L’impôt sur les sociétés locales s’établit à 25 % du résultat net. L’ITBMS l’équivalent de la TVA s’élève à 7 % sur la plupart des biens et services, 10 % sur l’alcool et l’hôtellerie, 15 % sur le tabac. Les produits alimentaires de base, les médicaments et les services médicaux en sont exonérés.
Comparez avec ce que vous payez aujourd’hui. La TVA en France est à 20 %. En Belgique, 21 %. Au Canada, la combinée TPS/TVH peut atteindre 15 %. Le différentiel est net et il ne porte pas que sur l’impôt sur le revenu.
Ces taux ne concernent que les revenus générés au Panama. Pour un expatrié dont l’activité est entièrement tournée vers l’international, la charge fiscale locale peut être considérablement réduite, selon votre situation personnelle et la structure mise en place avec un conseil adapté.
Quel est le taux d’imposition sur les sociétés locales et offshore ?
Le principe est le même que pour les personnes physiques : seule l’activité exercée sur le territoire panaméen est imposable. Une entité qui facture exclusivement des clients situés hors du Panama — consulting, e-commerce, services en ligne — ne supporte aucun impôt local sur ces revenus. La charge fiscale tombe à zéro sur la partie offshore.
Pour les activités exercées localement, le taux s’établit à 25 % du résultat net — un niveau comparable à l’Irlande (12,5 %) en apparence, mais plus avantageux dans la pratique pour les structures tournées vers l’international, puisque seule la partie locale est taxée.
À titre de comparaison : l’impôt sur les sociétés atteint 25 % en France, 25 % en Belgique, et entre 15 % et 26,5 % au Canada selon les provinces. Sauf qu’en France et en Belgique, ce taux s’applique sur le revenu mondial. Au Panama, uniquement sur le revenu local.
Comment sont taxés les dividendes et les plus-values ?
Les plus-values sur la cession de titres échappent à l’impôt, à condition que les actifs sous-jacents ne soient pas situés sur le territoire panaméen. Même logique pour les intérêts sur prêts et dépôts générés à l’étranger : aucune imposition locale.
Zones franches et régimes spéciaux — quels avantages concrets ?
Le Panama dispose de plusieurs zones économiques spéciales. La Zone Libre de Colón — deuxième plus grande zone franche au monde après Hong Kong — offre des exonérations fiscales et des facilités logistiques conçues pour l’import-export. Panama Pacífico, plus récent, cible les entreprises de services, la logistique et la technologie avec des avantages similaires.
Ces régimes ne sont pas accessibles à tous les profils. Ils s’adressent principalement aux structures ayant une activité commerciale ou logistique réelle. Mieux vaut vérifier l’éligibilité de votre projet avant de bâtir un montage autour de ces dispositifs.
Sur le papier et en pratique — ce que les sites offshore ne vous disent pas
Créer une société au Panama prend trois à cinq jours ouvrés et coûte entre 1 000 et 1 500 USD. Les frais annuels de maintien tournent autour de 500 à 800 USD. Sur le papier, c’est rapide et accessible.
En pratique, la réalité est plus nuancée. Depuis les Panama Papers en 2016, les banques internationales — européennes, canadiennes, asiatiques — ont refusé massivement d’ouvrir des comptes à des sociétés panaméennes. Résultat : vous créez votre structure en cinq jours, puis vous passez trois mois à chercher une banque qui accepte de travailler avec vous.
C’est exactement à ce stade que l’accompagnement terrain fait la différence. Connaître les banques qui acceptent réellement les nouveaux dossiers, préparer la documentation KYC en amont, anticiper les refus — ce n’est pas du conseil théorique, c’est du réseau construit sur 25 ans de présence sur le territoire.
Le cadre fiscal panaméen est attractif. Mais il ne vous dispense de rien auprès de votre propre administration. C’est probablement l’angle mort le plus coûteux pour les candidats à l’expatriation et celui que la plupart des sites spécialisés traitent en une ligne ou ignorent complètement.
Pourquoi les démarches diffèrent selon que vous êtes français, belge, suisse ou canadien ?
Chaque pays applique ses propres règles en matière de résidence fiscale, de déclaration des comptes étrangers et de traitement des revenus perçus à l’international. Un Français et un Canadien qui s’installent au Panama le même jour, dans les mêmes conditions, n’auront pas les mêmes formalités à accomplir chez eux. Les conventions bilatérales, les seuils de déclaration, les mécanismes d’échange d’informations tout diffère.
C’est la raison pour laquelle un guide générique ne suffit pas. Votre situation dépend de votre nationalité, de la nature de vos revenus, et de la structure que vous mettez en place sur le territoire panaméen.
Français — Cerfa 3916, exit tax et échange automatique d’informations
Si vous êtes résident fiscal français et que vous détenez un compte au Panama dont la valeur cumulée dépasse 50 000 euros, vous êtes tenu de le déclarer via le formulaire Cerfa 3916 auprès de l’administration fiscale française. Ce n’est pas optionnel les sanctions en cas de non-déclaration sont lourdes.
Depuis l’adhésion du Panama à l’Échange Automatique d’Informations en 2018, les établissements bancaires panaméens transmettent directement les données de vos comptes aux autorités françaises. L’information circule que vous la déclariez ou non. Autant être en conformité dès le départ.
Si vous transférez votre résidence fiscale depuis la France, l’exit tax peut s’appliquer sur les plus-values latentes de vos participations. Le traité de non-double imposition signé entre les deux pays en 2011 encadre les situations de revenus mixtes mais ne couvre pas tous les cas de figure. Une analyse personnalisée est indispensable avant le départ.
Belges, Suisses, Canadiens quelles obligations spécifiques ?
Les résidents fiscaux belges sont soumis à une obligation de déclaration des comptes étrangers auprès du Point de Contact Central de la Banque Nationale de Belgique. Les Suisses doivent déclarer leurs avoirs étrangers dans le cadre de l’impôt sur la fortune cantonal. Les Canadiens sont tenus de reporter leurs revenus mondiaux à l’Agence du revenu du Canada, quel que soit le pays où ces revenus sont générés.
Dans chaque cas, le mécanisme d’échange automatique d’informations fonctionne : les données bancaires panaméennes sont transmises aux autorités fiscales de votre pays d’origine. La transparence est bilatérale et c’est une bonne chose pour ceux qui structurent leur projet dans les règles.
Le piège que 80 % des expatriés francophones découvrent trop tard
Voici ce qu’on constate sur le terrain après 25 ans d’accompagnement : la majorité des francophones qui s’installent au Panama se concentrent sur le cadre fiscal local les taux, les exonérations, les avantages. Et ils oublient de préparer leur sortie fiscale du pays d’origine.
Le résultat est prévisible. Deux ans plus tard, un courrier de l’administration arrive. Exit tax non anticipée. Comptes non déclarés. Revenus mixtes mal structurés. Les pénalités s’accumulent et ce qui devait être une optimisation devient un casse-tête juridique.
Ce n’est pas une fatalité. C’est un problème d’anticipation. Les expatriés qui prennent le temps de structurer leur départ avec un accompagnement terrain et un conseil fiscal adapté à leur nationalité ne rencontrent jamais ces situations. Le cadre est favorable encore faut-il y entrer par la bonne porte.
ouvrir un compte bancaire au Panama — ce qu’il faut vraiment savoir
C’est le point de bascule. Vous pouvez comprendre parfaitement le cadre fiscal, maîtriser vos obligations déclaratives, avoir préparé votre transition dans les règles si vous n’arrivez pas à établir une relation bancaire sur place, tout le projet ralentit. Et c’est précisément là que la réalité du terrain diverge le plus de ce qu’on lit sur Internet.
Quels documents sont exigés pour un non-résident ?
La liste de base est identique dans la plupart des établissements : passeport valide, justificatif de domicile, références bancaires de votre pays d’origine, et dans certains cas une lettre de recommandation. Le dépôt initial varie entre 500 et 1 500 dollars selon l’établissement choisi.
Pour les non-résidents, les exigences de conformité sont renforcées. Les services KYC (Know Your Customer) demandent une justification détaillée de l’origine des fonds, une description de l’activité professionnelle, et parfois des relevés bancaires des six à douze derniers mois. Le délai d’ouverture oscille entre 3 et 7 jours ouvrés quand tout se passe bien.
Les intérêts bancaires sont-ils imposables au Panama ?
La réponse est directe : non. Les intérêts perçus sur les comptes d’épargne, les certificats de dépôt et les placements à terme ne sont soumis à aucun prélèvement local que ces intérêts soient générés par un établissement panaméen ou par une institution étrangère. C’est inscrit dans le Code fiscal et c’est l’un des piliers de l’attractivité du système bancaire local.
Pour mettre ce chiffre en perspective : en France, les intérêts bancaires subissent un prélèvement forfaitaire unique de 30 % (la « flat tax »). En Belgique, le précompte mobilier s’élève à 30 %. En Suisse, l’impôt anticipé atteint 35 % (récupérable sous conditions). Au Canada, les intérêts sont imposés au taux marginal du contribuable j’usqu’à 53 % selon les provinces
Crypto-actifs et placements financiers — quel cadre fiscal en 2026 ?
Le Panama se positionne progressivement comme un territoire favorable aux actifs numériques. Le Code fiscal ne prévoit aucune imposition spécifique sur les crypto-monnaies et aucun avis officiel n’a été rendu sur le sujet à ce jour. Le système territorial s’applique par extension : des gains réalisés sur des actifs qui ne sont pas physiquement situés sur le territoire ne devraient pas être imposables localement.
Un projet de loi déposé par le député Gabriel Silva vise à rendre le pays apparemment compatible avec l’économie numérique, la blockchain et les crypto-monnaies. Bien qu’aucune législation n’ait encore été promulguée, la direction est claire.
Pour les placements financiers classiques actions, obligations, fonds d’investissement l’accès aux places boursières internationales est possible depuis le Panama via des courtiers agréés ou des plateformes en ligne. L’absence d’imposition sur les revenus de source étrangère permet d’optimiser la gestion de portefeuille pour les résidents fiscaux panaméens.
Le parcours concret — de la résidence à la résidence fiscale
Vous avez maintenant une vision claire du cadre — les règles du jeu fiscal, le fonctionnement bancaire, les obligations dans votre pays d’origine. Il reste une question que personne ne doit traiter clairement : dans quel ordre faire les choses ? La séquence compte autant que les décisions elles-mêmes. Se tromper d’ordre, c’est perdre des mois — et parfois nuire à l’ensemble du projet.
Dans quel ordre enchaîner visa, compte bancaire et résidence fiscale ?
La chronologie réelle, celle que nous observons chez les expatriés francophones qui réussissent leur transition, suit cinq étapes précises :
| Étape | Action | Délai moyen |
| 1 | Obtenir le visa « Pays Amis » | 4 à 8 semaines |
| 2 | Ouvrir un premier compte bancaire (Banesco, Banco Panama ou Credicorp) | 1 à 3 semaines |
| 3 | Recevoir la résidence permanente | 3 à 6 mois |
| 4 | Ouvrir un compte compétitif (Banco General, BAC Credomatic) | 1 à 2 semaines |
| 5 | Établir la résidence fiscale auprès de la DGI (183 jours/un minimum) | Après la 1ère année |
Ce que cette séquence révèle, c’est que la résidence fiscale ne s’obtient pas en même temps que le visa. Ce sont deux démarches distinctes, auprès de deux administrations différentes, avec des critères différents. Confondre les deux est l’une des erreurs les plus fréquentes — et les plus coûteuses — que nous observons.